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11/01/2014

Les amours de Suzanne au prisme d’un kaléidoscope

cinéma français, françois damiens, sara forestier, katell qillévéré, adèle haenel

Suzanne, de Katell Qillévéré. France. 1 h 34. Avec ce deuxième long métrage, un drame familial plein de délicatesse, Katell Quillévéré donne un portrait de femme attrapée par le cœur contre toute raison.

Suzanne est une petite fille en tutu pailleté qui va se détacher subtilement du groupe de ses camarades sur la scène de music-hall d’une fête d’école. Elle est couvée des regards chaleureux de son père et de sa sœur cadette, son inséparable. La cuisine familiale d’un homme qui élève seul ses deux filles, une virée pique-nique au cimetière où repose la mère, une date de décès : 1985. Le minuscule calcul mental auquel on se livre forcément ne forme que l’un des fils de trame du film de Katell Quillévéré.

De cette entrée en matière à la durée assez brève, beaucoup de sensations seront déjà parvenues au spectateur, qui toutes rencontreront leurs échos sans que l’histoire qui court sur les vingt-cinq années suivantes soit obturée de psychologie.

L’extraordinaire de toute existence

Suzanne et Maria (Sara Forestier et Adèle Haenel) passent de l’enfance la plus heureuse possible à une adolescence rieuse. Le père, Nicolas (François Damiens), est camionneur. Suzanne est employée dans les bureaux de l’entreprise. Maria se rêve styliste. Katelle Quillévéré livre de ces vies ordinaires des moments de cristallisation signifiants, sous la banalité des dialogues et des situations, révélant l’extraordinaire de toute existence dès lors que l’on y porte intérêt. L’intensité du jeu des acteurs apporte une contribution d’importance au kaléidoscope manié avec délicatesse par la réalisatrice. Aucun de ces personnages ne tient de rôle mineur. La visibilité de Suzanne émergera des choix qu’elle va opérer, avec lesquels son entourage devra composer sans que pour autant elle s’épargne. Enceinte à dix-sept ans, Suzanne décide seule de garder l’enfant, un petit garçon que l’on rencontre quatre ou cinq ans plus tard sur les genoux de sa mère au visage joliment maquillé mais teinté de mélancolie. Une rencontre amoureuse, et Suzanne bifurque à nouveau, lâche boulot et famille, s’embarque avec Julien (Paul Hamy) sur la route périlleuse du jeune homme, semée de braquages.

On épouse l’absence de jugement de la cinéaste

Dans les choix de Suzanne réside chaque fois un faisceau de contradictions, ce qui provoque l’empathie à défaut de se reconnaître dans ses actes. On épouse l’absence de jugement de la cinéaste. Déterminée, Suzanne semble pourtant agir comme hors d’elle-même. Toute entière amoureuse, elle n’est pas indifférente aux conséquences de ses actes. De longues plages de temps séparent les moments de rencontre entre Suzanne et sa famille. Leur contenu est éludé au profit de la perception sismographique de ce qui se joue. Le traitement des écoulements temporels participe au sentiment d’authenticité du film. Un baiser échangé au-dessus d’une volute de tabac au bistrot du coin, une chanson à la radio, un papier peint de chambre d’hôtel évoquent l’air des temps sans les figer par la datation.

Le milieu social, considéré à bonne hauteur, entraîne ses déterminismes sans fixer les destins. Katell Quillévéré confère à son portrait de famille sa part de lumières et de tragédies. L’emploi de Nicolas l’oblige à trop de trajets routiers pour qu’il puisse conserver la garde de son petit-fils, les logements abritent des modes de vie et non de simples décors. Le dénouement, poignant, reste ouvert à la vie. Il faut rester jusqu’à la fin du générique rythmé par une fabuleuse version de Suzanne de Leonard Cohen interprétée par Nina Simone.

  • La bande annonce :

Lire aussi :

Dominique Widemann

31/12/2013

PARTI COMMUNISTE FRANCAIS !

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Moi, mon parti, il a 93 ans !

(et vu ce qu’il a vécu, c’est pas ce qui se présente maintenant qui va le tuer)

15:14 Publié dans Actualités, La Poule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pcf, congèrs de tours, naissance | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook

10/12/2013

MANDELA : PIERRE LAURENT A RAISON !

Le secrétaire général du Parti communiste rappelle "qu'avant que le mouvement contre l'apartheid entraine tout le monde dans son sillage, il y a eu des années de solitude. 27 ans de prison, dont les 15 premières se sont faites dans l'indifférence générale". Vrai ou faux ? Réponse ici.

Pierre Laurent le 30 octobre 2013 © Maxppp

Vrai

En Afrique du Sud, le nom de Mandela n'est pas prononcé dans les médias. Pierre Haski, actuel patron de Rue89 était correspondant en Afrique-du-Sud pour l'AFP au moment des émeutes de Soweto en 1976. "Il faut savoir qu'à l'époque, Nelson Mandela était déjà en prison depuis 15 ans. Son visage et ses paroles ne pouvait plus être cités dans la presse. Et tous les jeunes ne l'avaient jamais connu", affirme le journaliste. C'est Winnie Mandela qui se chargera de faire vivre son époux politiquement pendant les années de prison.

Mandela peu connu en France

L'indifférence est aussi mondiale pendant très longtemps. En France, par exemple. En 1984, un sondage Ifop pour l'Humanité dimanche révèle que 68% des Français n'ont jamais entendu parler de Mandela. La longue indifférence sur son sort a une explication politique. En pleine guerre froide, l'ANC de Mandela est sous influence communiste.

Guerre froide

Antoine Glaser, spécialiste de l'Afrique explique que "toute personne qui luttait contre l'apartheid ou le développement séparé en Afrique du Sud était considérée comme un communiste". Le monde occidental s'accommodait du développement séparé avec les blancs. "Au moins, eux, ils préservent les matières premières stratégiques [...] comme l'uranium et l'or", ajoute Antoine Glaser, qui rappelle la crainte de les voir tomber "aux mains des soviétiques. Il n'était absolument pas question de soutenir l'ANC pour les occidentaux", conclut le spécialiste de l'Afrique.

Business

La France et la Grande-Bretagne font partie de ces occidentaux qui se souciaient peu de Mandela et de son combat.
Le pouvoir britannique restera longtemps favorable à l'apartheid. En 1987, soit trois avant la libération de Mandela, le Premier ministre Margaret Thatcher s'oppose à des sanctions contre l'Afrique du Sud et considère l'ANC comme "terroriste".
Quand à la France, elle a vendu des armes à l'Afrique du Sud. Elle a aussi construit là-bas la seule centrale nucléaire du continent africain, alors que le régime de Pretoria était condamné par une partie de la communauté internationale.

Publié par France Info

18:57 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pierre laurent, mandela, france info | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook

02/09/2013

CHILI : 1973 - 2013 : 40 ANS DÉJÀ ! SPECIAL ANNIVERSAIRE !

chili_allende_pinochet_18b_hr_fr.jpgAu matin du 11 septembre 1973, le palais présidentiel de la Moneda est cerné et bombardé. Le président socialiste Allende annonce à la radio :

«Qu’ils le sachent, qu’ils l’entendent, qu’ils le gravent en profondeur : je ne laisserai la Moneda qu’à la fin du mandat que m’a donné le peuple, je défendrai cette révolution chilienne et je défendrai le gouvernement car c’est le mandat que le peuple m’a confié. Il n’y a pas d’alternative. Ce n’est qu’en nous criblant de balles qu’ils pourront empêcher la volonté qui est celle de faire accomplir le programme du peuple.

Si on m’assassine, le peuple suivra sa route, suivra son chemin même si les choses seront plus difficiles et plus violentes. Et ce sera une leçon objective très claire pour la majorité de ces gens que rien n’arrête. J’avais tenu compte de cette éventualité, je ne leur offre pas la facilité. Le progrès social ne va pas disparaître parce que disparaît un de leur dirigeants. Il pourra demeurer, se prolonger. Mais on ne peux le renfermer ni le mettre à genoux.».

chili1973.jpgCe 11 septembre 1973, les troupes du général Augusto Pinochet assiègent le palais présidentiel de la Moneda, à Santiago. La junte, dirigée par les commandants des armées chiliennes, demande la démission du président Salvador Allende.

Vers 9 h 30, Allende prononce un dernier discours radiodiffusé. Quelques minutes plus tard, les troupes commencent à tirer sur le palais, puis à le bombarder. Dans l'après-midi, les 50 personnes qui se trouvaient aux côtés du président se rendent aux militaires. Poussé au désespoir, Salvador Allende se suicide.

Le coup d’état militaire, organisé avec l’aide des Etats-Unis, inaugurera une dictature avec une répression politique massive.

2 279 morts et disparus ont été recensés dont 641 morts « dans des conditions non élucidées » et 3 197 « détenus disparus ».

Près de 150 000 personnes ont été emprisonnées pour des motifs politiques.

Il y a eu des centaines de milliers d’exilés politiques.

Le réseau des blogs E-Mosaïque à l’occasion de ce triste anniversaire publiera une dizaine d’articles pendant les mois d’août et Septembre pour célébrer cet évènement marquant de la tragédie humaine.


Coup d'Etat Chili 1973 par sybelium