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27/06/2013

Bal d’hypocrites pour Mandela : quand l’Occident soutenait Pretoria

nelson-mandela-a-ete-enferme-durant-27-ans.jpgL’avalanche d’hommages déjà prêts à Nelson Mandela est certes méritée par la personnalité, le sacrifice, et la vie du grand leader sud-africain. Mais elle pourrait laisser croire que tout le monde l’a toujours adoré, et qu’il n’aurait donc été victime que d’une poignée d’extrémistes blancs isolés au bout de l’Afrique.

La réalité est bien différente. Pour l’essentiel de sa vie politique, Nelson Mandela a été considéré comme un homme dangereux par le monde occidental, y compris par certains des signataires des communiqués enflammés prêts dans toutes les capitales.

La polémique autour de l’attitude de Jean-Marie Le Pen, provoquée par la réécriture de l’histoire par sa fille sur France Inter, pourrait là aussi laisser penser qu’il était seul dans ce cas. Il n’était que le plus franc, y compris quand le qualificatif de « terroriste » n’était plus de mise pour le futur prix Nobel de la paix...

Du coté de l’apartheid

L’histoire est pourtant cruelle. L’ensemble du monde occidental a été du côté du pouvoir blanc sud-africain pendant plusieurs décennies, jusqu’à ce que le soulèvement de la jeunesse noire, à Soweto en juin 1976, ne finisse par lézarder ce consensus, qui ne prendra véritablement fin qu’à la fin de la guerre froide, en 1989.

La condamnation morale de l’apartheid, et même l’exclusion de l’Afrique du Sud du Commonwealth après le massacre de Sharpeville en 1960, prélude à l’emprisonnement de Nelson Mandela en 1962, aura finalement pesé moins lourd que les considérations géopolitiques. Pas surprenant, mais peut-être faut-il quand même le rappeler, au lieu de s’abriter derrière un consensus très récent.

Dans les années 60 et 70, l’Afrique du Sud était considérée par les stratèges de l’Otan comme un pion essentiel à la fois pour le contrôle de la route maritime du Cap empruntée par les supertankers de l’époque, et comme source de certains minerais vitaux pour l’industrie de défense.

L’appartenance à l’Otan du Portugal de la dictature Salazar, engagée dès les années 60 dans des guerres interminables dans ses colonies d’Angola et du Mozambique, renforçait cette appartenance officieuse du pouvoir minoritaire blanc de Pretoria au « front anticommuniste ».

A Silvermine, dans la péninsule du Cap, l’armée sud-africaine avait installé dans un bunker une station d’écoute et de surveillance des mers du sud, dont les informations étaient transmises aux services de renseignement occidentaux. Les informations allaient dans les deux sens, et c’est sur un tuyau de la CIA que Nelson Mandela aurait été arrêté une première fois.

Complicités françaises

La France a elle aussi collaboré étroitement avec le régime de l’apartheid. Elle a vendu à l’Afrique du Sud sa première centrale nucléaire dans les années 70, au risque de contribuer à la prolifération militaire à laquelle Pretoria a officiellement mis un terme à la fin de la domination blanche.

En 1976, alors que j’étais correspondant de l’AFP à Johannesburg, l’ambassade de France n’ayant aucun contact à Soweto et craignant de déplaire au gouvernement de Pretoria, me demandait si j’acceptais d’organiser un dîner chez moi pour qu’un émissaire du Quai d’Orsay puisse rencontrer le docteur Ntatho Motlana, représentant personnel de Winnie Mandela, l’épouse du leader emprisonné.

Le Congrès national africain (ANC) dont les principaux dirigeants croupissaient en prison à Robben Island, était bien isolé... Dans les années 70, lorsque des délégations du mouvement de libération, conduites par son responsable international, le futur président Thabo Mbeki, passait par Paris, il habitait dans la chambre de bonnes d’un ami marocain, et était royalement ignoré par le gouvernement.

Chirac et la « troisième voie »

Plus tard, au début des années 80, lorsque la situation à l’intérieur de l’Afrique du Sud est devenue quasi insurrectionnelle, la droite française a participé au stratagème de Pretoria de favoriser une « troisième voie » en la personne du chef zoulou Gatsha Buthelezi, un Noir « présentable ».

Alors que ses miliciens s’en prenaient aux partisans de l’ANC à coups de machettes, Buthelezi était officiellement reçu par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, et, en France, par Jacques Chirac alors maire de Paris (les photos sont exposées dans le salon de Buthelezi au Kwazulu-Natal).

Au même moment, Laurent Fabius, alors Premier ministre, imposait les premières vraies sanctions françaises et retirait l’ambassadeur de France à Pretoria.

Il faudra la révolte des Noirs d’Afrique du Sud, la chute du mur de Berlin et un puissant mouvement d’opinion dans le monde entier, pour que les dirigeants occidentaux changent d’attitude, et poussent le régime de l’apartheid à libérer Mandela et à négocier.

Le consensus d’aujourd’hui autour de Nelson Mandela ne doit pas faire oublier les errements criminels d’hier qui ont contribué à le laisser plus d’un quart de siècle en prison, et à prolonger la durée de vie du système inique de l’apartheid.

Il est plus facile de faire croire qu’on a toujours été du côté du « bien » contre le « mal » que de s’interroger sur les raisonnements fallacieux qui ont poussé la « patrie des droits de l’homme » et les autres défenseurs de la démocratie à rester aussi longtemps complices d’un système basé sur un déni d’humanité.

La disparition d’un géant de l’histoire devrait pourtant être le moment de regarder objectivement le passé.

Publié par Patrick Haski dans Rue89

15/06/2013

LES LARMES DE LA VIOLONISTE GRECQUE !

La brutalité d’un régime aux abois sous la pression de la troïka et de la commission européenne qui exige toujours moins de service public et toujours plus de misère, et de l’autre côté les larmes simples, émouvantes, tragiques d’un violoniste, c’est l’image aujourd’hui de la Grèce.

larmes.jpgL’Orchestre symphonique national de ERT qui existe depuis 75 ans dans ce pays, et qui même sous le régime des colonels pouvait s’exprimer a été supprimé en même temps que 4 chaines de télévision publique et 5 radios en quelques secondes par le gouvernement de coalition socialiste et droite qui aujourd’hui dirige la Grèce.

L’ERT, paradoxe, qui est un établissement public pourtant bénéficiaire comme vient de le démontrer un rapport récent publié.

Mais en Grèce aujourd’hui, la culture, l’éducation, le pluralisme deviennent les nouveaux ennemis désignés de la finance.

A l’occasion d’un concert de soutien de l’Orchestre symphonique national à l’ERT à Athènes, les musiciens et les choristes n’ont pas pu résister à l’émotion et c’est en larmes que certains ont joué le dernier morceau : l’hymne national.

14:48 Publié dans Actualités, ACTUSe, Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : violoniste, grèce, ert, musique | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook

19/05/2013

CUBA ET LA RECONNAISSANCE DES DIVERSITES !

GAY PRIDE A LA HAVANE !

gaypridecuba.jpgPlus de 300 homosexuels ont défilé samedi et dansé au rythme de la conga, avec des drapeaux arc en ciel pour la défense des droits des homosexuels à Cuba.

Le sexologue et fille du président Raul Castro, Mariela Castro était en tête de cette manifestation qui c'est déroulée au son des tambours et trompettes

Pendant plus d'une demi-heure, les homosexuels, habillés dans des vêtements colorés ont dansé en remontant la rue centrale de La Havane, la rue la plus fréquentée de la capitale.

"La haine et la peur sont surmontés que par l'amour», «J'ai un fils gay et c'est merveilleux», «Je n'ai pas perdu une fille, j'ai en gagné deux." Ont témoigné plusieurs manifestants.

«Le socialisme c’est l'unité dans la diversité», ont scandé les participants.

Cette septième édition de cette version « Gay Pride Cubaine » témoigne une nouvelle fois de la volonté de Cuba de combattre homophobie et préjugées avec la fête mais aussi par la loi et la persuasion notamment à l’initiative du Centre national d'éducation sexuelle (CENESEX) animé par Mariela Castro dont l‘action est remarquable, et remarqué bien au-delà de l‘Ile.

Cette manifestation a été cloturée par un gala au théatre Karl Marx de la Havane en présence de plusieurs membres du gouvernement.

 

Article d'après presse et Télésur et Cubainformation

28/04/2013

Jean-Luc Mélenchon "L’Humanité, une bouffée d’air frais dans le débat"

 

	Souscription pour L'Humanité , front de gauche, jean-luc mélenchon, entretien, crise de la presse, pluralisme, 5 mai pour une VIè République,Alors que l'Humanité est en danger, entre crise de la presse et problèmes de trésorerie, Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche apporte son soutien à votre quotidien. Parce que "sans l’Humanité, il n’y aurait jamais eu de décryptage du traité européen en 2005 ou de l’ANI cette année. Sans l’Humanité, les salariés en lutte seraient complètement absents du paysage médiatique."

Vous êtes très critique à l’égard des médias, quel regard portez-vous sur ce monde ? L’Humanité y occupe-
t-elle une place particulière ?

Jean-Luc Mélenchon. Je suis critique à l’égard du système médiatique. Cela ne met en cause ni les personnes ni les titres par eux-mêmes. Mais cette critique est centrale dans mon combat. Elle concerne un pilier fondamental de la souveraineté populaire. Car en République le citoyen doit se prononcer sur l’intérêt général. Pour cela, il n’a qu’un instrument : sa raison. Et pour raisonner, il a besoin de deux éléments fondamentaux : avoir été éduqué par une éducation laïque et de haut niveau, et être continuellement et correctement informé sur les enjeux du monde qui l’entoure. Sans ces deux éléments, il n’y a ni démocratie ni République possible. Les médias ont donc un rôle absolument crucial. C’est pour cela que nous sommes particulièrement exigeants à leur égard. Trop souvent, les grands médias et les médiacrates se complaisent dans le spectaculaire, l’anecdotique, les petites phrases.

Aujourd’hui, l’information est bien souvent un simple spectacle entre deux espaces publicitaires pour « cerveaux disponibles ». Tout cela est bien sûr la conséquence de la possession des grands médias par des groupes privés. Mais le secteur public n’y échappe pas du tout, au contraire. Car la domestication des professionnels des médias est très avancée. Il faut dire qu’elle repose sur un moyen de pression colossal : la précarité généralisée dans laquelle ­vivent les journalistes de terrain. Dans ce paysage des médias, des professionnels résistent. Bien sûr, l’Humanité en fait partie. Sans l’Humanité, il n’y aurait jamais eu de décryptage du traité européen en 2005 ou de l’ANI cette année. Sans l’Humanité, les salariés en lutte seraient complètement absents du paysage médiatique. Sans l’Humanité, le Front de gauche subirait un ostracisme encore plus grand. Ce travail est extrêmement précieux pour nous.

«C’est par des informations étendues et exactes que nous voudrions donner à toutes 
les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger 
elles-mêmes les événements 
du monde», écrivait Jaurès dans le premier édito de l’Humanité. À l’heure d’Internet et des réseaux sociaux, est-ce 
encore un enjeu aujourd’hui ?

Jean-Luc Mélenchon. Cette phrase de Jaurès prouve que l’information, et donc le journalisme, est un métier. Une qualification. Certes, les blogs et les réseaux sociaux permettent davantage de réactivité et d’esprit critique. Les bidonnages médiatiques sont plus rapidement dégonflés. Tant mieux. En cela, ils ne doivent pas être vus comme des adversaires des médias, mais bien comme une boussole. Ils exercent une vigilance citoyenne dont les journalistes honnêtes et sérieux n’ont rien à craindre.

Vous appelez, avec le Front de gauche, à une VIe République. Quelle place et quels moyens 
la presse peut-elle avoir dans 
une démocratie renouvelée ?

Jean-Luc Mélenchon. Le vent de la révolution citoyenne doit souffler aussi dans les médias. Les chantiers sont immenses. Les professionnels et les lecteurs téléspectateurs devront les mener jusqu’au bout. D’abord il faut en finir avec la précarité sociale. Ensuite il faut donner le pouvoir au peuple. Pour libérer les médias de la toute-puissance des médiacrates et des propriétaires, les abonnés devraient pouvoir participer aux grandes décisions au même titre que les actionnaires ou les journalistes. Une politique nouvelle doit soutenir les médias indépendants. Et dans le service public, j’ai fait la proposition que le citoyen contribuable puisse élire les principaux dirigeants de chaînes, parmi une liste de personnalités sélectionnées par les professionnels sur la base de la compétence. Enfin, il faut entièrement refonder la commission des sondages. Et aussi le CSA. La première est un organe inutile et complaisant qui ne sert ­aujourd’hui à rien d’autre qu’à couvrir les turpitudes des sondeurs, la seconde est impuissante.

Notre journal a-t-il une place particulière auprès des militants de votre parti et du Front de gauche ?

Jean-Luc Mélenchon. Bien sûr ! Le journal est dans ma boîte le matin. Mais comme je pars avant qu’il soit livré, je l’achète au kiosque. Je mets un point d’honneur à l’abandonner dans un bistrot pour qu’une autre personne le lise ! L’Huma est une lecture indispensable à plus d’un titre. D’abord pour suivre les luttes et les résistances. Ensuite parce que c’est le seul quotidien qui traite en profondeur de l’actualité du Front de gauche, de ses initiatives, des débats qui le traversent. Enfin je suis addict à la rubrique culturelle du journal. Sans oublier les éditorialistes qu’il m’arrive de commenter en direct par texto... L’Huma, c’est aussi cette magnifique fête tous les ans en septembre, cette grande fête qui est devenue celle du Front de gauche.

Pensez-vous que le journal joue un rôle utile à l’heure où les débats sur la politique à suivre traversent la gauche ?

Jean-Luc Mélenchon. Oui. Sans l’Humanité, aucun quotidien ne dénoncerait les politiques d’austérité ou le saccage et le pillage du pays par la finance. C’est une bouffée d’air frais dans le débat dans le pays, mais aussi à gauche. Et puis Jaurès a créé l’Humanité pour rassembler les courants socialistes qui étaient alors divisés. L’Humanité est fidèle à ce rôle en proposant des débats entre les formations de gauche. Alors que les journaux des sociaux-libéraux passent leur temps à nous insulter, l’Humanité reste l’un des rares lieux où l’on peut débattre du fond à gauche. Un journal qui s’assume et qui assume.

Entretien réalisé par 
Julia Hamlaoui